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HYPERKALIEMIE

A - Définition

  • Elle est définie par une kaliémie supérieure à 4,5 mmol/l.
  • Sa gravité est liée à sa toxicité myocardique avec risque d'arrêt cardiaque.

 

b - Diagnostic différentiel

  • Fausses hyperkaliémies liées à une hémolyse dans le tube de prélèvement, à une pose prolongée du garrot, à un taux élevé d'éléments figurés du sang (GB > 100.000/mm3 ; plaquettes > 106/mm3) .

C - Manifestations cliniques

  • Le pronostic vital est mis en jeu dès 7 mmol/l. L’hypocalcémie abaisse ce seuil.

1. Signes myocardiques

  • ECG : augmentation d'amplitude des ondes T (étroites, pointues, symétriques) ; troubles de la conduction auriculo-ventriculaire, intraventriculaire (élargissement du QRS) ; TV ; FV.

2. Signes d'atteinte des muscles striés

  • Paresthésies (autour de la bouche, des extrémités).
  • Paralysie flasque, symétrique.

3. Atteinte endocrinienne

  • Stimulation de la sécrétion d'aldostérone.
  • Stimulation de la sécrétion d'insuline.

 

D - Etiologie

1. Origine rénale

  • Insuffisance rénale aiguë.
  • Insuffisance rénale chronique (Clairance de la Créatinine < 10 ml/mn).
  • Hypominéralocorticismes : maladie d'Addison ; hyperplasie des surrénales par déficit en 25-Hydroxylase (déficit minéralo et glucocorticoïdes) ; syndrome d'hyporéninisme, hypoaldostéronisme de certaines insuffisances rénales chroniques évoluées ; pseudo-hypoaldostéronisme de type I (déficit de l'action cellulaire de l'aldostérone).
  • Causes médicamenteuses : anti-inflammatoires non stéroïdiens ; inhibiteurs de l’enzyme de conversion ; héparine ; ciclosporine ; diurétiques épargneurs du potassium.

2. Hyperkaliémie par transfert

  • Acidose métabolique ou respiratoire.
  • Diabète par déficit en insuline.
  • Lyse cellulaire (Crush syndrome ; brûlures étendues ; rhabdomyolyse ; hémolyse intra-vasculaire ; lyse tumorale après chimiothérapie ; hémorragie digestive majeure).
  • Paralysie hyperkaliémique familiale (maladie à transmission autosomique dominante caractérisée par des accès de paralysie flasque).
  • Médicaments (digitaliques ; béta-bloquants).

 

E - Traitement

  • Toute hyperkaliémie doit mener à la réalisation immédiate d'un ECG.
  • Si K > 6 mmol/l et/ou s'il existe des troubles de conduction à l'ECG, le traitement doit être immédiat, mené en milieu de réanimation sous surveillance continue de l'ECG.

      1. L'épuration extra-rénale permet de diminuer la kaliémie de plus de 1 mmol/h ( il s’agit du traitement le plus efficace. Toutefois il impose la pose d’une voie d’abord centrale)
      2. Gluconate de calcium à 10 % : 20 à 50 ml en IVD efficace en quelques minutes (effet suspensif et transitoire des effets myocardiques).
      3. Bicarbonate de Na à 4,2 % 100 à 500 ml IV sur 30 mn en l'absence d'OAP.
      4. G30 : 500 ml + 30 UI d'insuline rapide IV en 30 mn en l'absence d'OAP.
      5. Salbutamol IV (0,1 à 0,2 mg/kg/mn).
      6. Résines échangeuses d'ions (kayexalate ou calcium sorbisterit) per os (durée d'action
        2 heures) 15 g 1 à 4 fois par jour ou en lavement : 100 g (durée d'action 1 heure).

    Réduction des apports alimentaires.


F - Conclusion

  • Le diagnostic et la prise en charge d’une hyperkaliémie devra être réalisé en urgence, en milieu spécialisé (réanimation) si celle-ci est sévère ( K> 6 mmol/l ), et/ou s’il existe des troubles du rythme associé. La découverte d’une hyperkaliémie impose la réalisation immédiate d’un ECG. De même, la découverte d’un trouble de la conduction ou du rythme cardiaque impose la réalisation d’une kaliémie en urgence.

POINTS FORTS

  • C' est une urgence thérapeutique.
  • Son pronostic est cardiaque pouvant mener à un arrêt cardiaque irréversible.
  • Elle impose le réalisation en urgence d'un ECG.
  • Son traitement doit être mené en réanimation sous surveillance scopique, si k> 6 mmol/l ou s'il existe des troubles du rythme ou de la conduction à l'ECG

 

 


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