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ESSAIS CLINIQUES
PRINCIPES
METHODOLOGIQUES ET ASPECTS ETHIQUES DE
L'EVALUATION DES THERAPEUTIQUES
REMARQUES
PRELIMINAIRES
- Le terme " d'essais cliniques " doit être interprété
comme " essais ou expérimentations pratiqués sur
l'être humain ", ce qui englobe non seulement les essais
à buts thérapeutiques, mais également les essais
à buts diagnostiques.
- En conséquence, la connaissance du contenu de la loi sur
la protection des personnes dans la recherche biomédicale
(dite loi Huriet) du 20 décembre 1988 nous paraît nécessaire
et fera l'objet de la première partie de cette question.
- La deuxième partie de la question, " principes méthodologiques
et aspects éthiques de l'évaluation des thérapeutiques "
est plus restrictive puisque seuls les essais thérapeutiques
sont concernés.
- Il est important de noter toutefois que le terme " thérapeutique "
englobe non seulement les médicaments, mais également
les autres techniques, telle que les méthodes d'intervention
chirurgicale, les méthodes de la médecine interventionnelle,
la prescription d'un régime alimentaire ou un type de psychothérapie.
- Le terme " méthodologique " englobe non seulement
les aspects techniques de la conduite des essais, mais également
les aspects juridiques.
LA LOI HURIET
- La loi du 20 décembre 1988, dite loi Huriet, relative à
la protection des personnes qui se prêtent à des recherches
biomédicales constitue un cadre légal pour " les
essais ou expérimentations organisés et pratiqués
sur l'être humain en vue du développement des connaissances
biologiques ou médicales " (recherche biomédicale).
Par ailleurs, la loi définit les responsabilités des différents
partenaires qui conduisent cette recherche biomédicale.
- La loi distingue deux catégories de recherche biomédicale :
- la recherche avec bénéfice individuel direct qui
suppose un bénéfice thérapeutique immédiat
potentiel pour les personnes qui s'y prêtent,
- la recherche sans bénéfice individuel direct qui
suppose que les personnes qui s'y prêtent n'obtiennent pas
de bénéfice thérapeutique.
N.B. :
Ces deux catégories de recherche ne se distinguent pas par
le fait que les personnes qui s'y prêtent sont des volontaires
sains ou des malades. En effet, un bénéfice individuel
direct peut être espéré par un volontaire sain qui
se prête à l'essai d'un nouveau vaccin. A l'inverse, un
essai d'un médicament chez un insuffisant rénal chronique
en hémodialyse pour évaluer la cinétique de ce
médicament ne s'accompagnera pas de bénéfice individuel
direct chez ce patient si le médicament en question est supposé
traiter une pathologie dont il ne souffre pas.
1. Les acteurs de la recherche
a) Le volontaire
- une recherche biomédicale ne peut être menée
que si le volontaire a donné son consentement libre, éclairé
et exprès ;
- le sujet est libre parce qu'il peut refuser de participer à
la recherche sans que ce refus ait de conséquences dommageables
pour lui ;
- ce consentement est éclairé. Le sujet reçoit
une information préalable détaillée dans un document
écrit, intelligible, précisant les buts et les risques
de la recherche proposée. Il doit, en particulier, trouver :
l'objectif et les méthodes de la recherche, les contraintes,
sa durée, les risques prévisibles, les méthodes
de la recherche, les informations disponibles sur les substances étudiées,
ainsi que l'avis favorable du comité consultatif pour la protection
des personnes dans la recherche biomédicale (CCPPRB) ;
- le consentement est exprès : il est exprimé de
façon détaillée, et adaptée à chaque
type de protocole.
N.B. :
- le sujet peut se retirer de la recherche à tout moment
sans se justifier,
- le secret médical est toujours respecté,
- la loi prévoit des sanctions à l'encontre du promoteur
ou de l'investigateur en cas de manquement à leurs devoirs.
b) Le promoteur
- c'est la personne physique ou morale qui propose la recherche ;
- les résultats de la recherche lui appartiennent, mais il
a l'obligation de communiquer ces résultats à l'autorité
sanitaire. Cette dernière est informée du début
de la recherche, des événements graves signalés
par l'investigateur et des résultats ;
- il supporte la charge financière de l'étude prévue
par le protocole ;
- il exerce avec l'investigateur certaines responsabilités
civiles et pénales ;
- il doit souscrire une assurance qui permet d'une part de fournir
une indemnisation ou un traitement adéquat aux personnes participantes
en cas de dommage dû à l'essai et, d'autre part, d'assurer
à l'investigateur une protection juridique et financière,
sauf pour les cas de comportement délictueux et/ou de négligence
;
- il assure la gestion du stock des produits testés, fournit
aux investigateurs ces produits, conditionnés et étiquetés
de manière à respecter un éventuel essai en aveugle.
c) L'investigateur
- ce sont les personnes qui effectuent les actes de la recherche sur
les sujets ;
- en cas d'investigateurs multiples, l'un d'eux est désigné
comme investigateur principal ;
- l'investigateur et le promoteur sont liés par un contrat
de recherche qui stipule que l'investigateur doit assurer la sécurité
de la personne au cours de l'étude, garantir la qualité
des données recueillies, s'assurer que la recherche a été
confiée à des personnels qualifiés dans des locaux
qui doivent être agréés. L'investigateur recueille
le consentement des volontaires et assure leur information ;
- il doit se conformer aux instructions du protocole et effectuer
la recherche dans des conditions de bonne pratique clinique.
Remarque : l'investigateur et le promoteur
peuvent être une seule personne.
2. Le Comité Consultatif pour la Protection
des Personnes dans la Recherche Biomédicale (CCPPRB)
- La mission des CCPPRB est d'évaluer le projet de recherche
en examinant :
- la validité scientifique du projet,
- la qualité des moyens utilisés (locaux agréés,
personnels),
- la garantie du droit des personnes (mesures de sécurité,
rapport bénéfice/risque, documents remis au volontaire),
- la cohérence scientifique permettant d'envisager des résultats
exploitables,
- son acceptabilité éthique.
- Les CCPPRB sont situés dans des centres hospitaliers ou dans
des DRASS. Ils sont composés de personnes volontaires réunissant
des compétences diverses.
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COMPOSITION DES CCPPRB
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- Quatre personnes, dont au moins trois médecins, ayant
une qualification et une expérience approfondie en matière
de recherche biomédicale.
- Un médecin généraliste.
- Deux pharmaciens dont l'un au moins exerce dans un établissement
de soins.
- Une infirmière.
- Une personne qualifiée en raison de sa compétence
à l'égard des questions d'éthique.
- Une personne qualifiée dans le domaine social.
- Un psychologue.
- Une personne qualifiée en raison de sa compétence
juridique.
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- Il peut exister plusieurs CCPPRB par région.
- Le CCPPRB est saisi avant le début de la recherche par l'investigateur.
Il rend une décision argumentée approuvant ou désapprouvant
le projet. En cas d'approbation, la recherche peut être effectuée
après information des autorités de santé. En cas
de désapprobation, un nouvel avis peut être demandé
au même CCPPRB après modification du protocole.
Dans tous les cas, l'avis est consultatif. Les autorités
de santé ont seules le pouvoir de suspendre une recherche.
Tous les projets doivent être transmis à des autorités
avant de commencer une recherche, qu'elle ait été approuvée
ou désapprouvée par un CCPPRB. A elle seule la désapprobation
du CCPPRB n'interdit pas d'entreprendre la recherche.
3. Les recherches sans bénéfice individuel direct
- Il est exigé des locaux agréés.
- Les personnes qui se prêtent à ces recherches sont indemnisées
par le promoteur.
Remarque :
- la loi interdit d'indemniser les volontaires des études avec
bénéfice individuel direct.
- Le montant des indemnisations est soumis à un maximum annuel
pour un volontaire. A l'issue d'une étude, les volontaires ne
peuvent participer à une nouvelle recherche avant un délai
dit d'exclusion variable avec la nature des recherches, les produits
reçus... Toutes ces informations sont disponibles sur un fichier
informatique national accessible aux investigateurs et qui répertorie
les volontaires se prêtant à des recherches sans bénéfice
individuel direct.
ESSAIS THERAPEUTIQUES
Remarques préliminaires :
- Cette partie sera consacrée exclusivement à la pharmacologie
clinique mais nous rappelons que les essais thérapeutiques englobent
également des techniques chirurgicales ou thérapeutiques
interventionnelles.
- Un essai clinique se déroule en quatre phases :
- la phase 1 s'effectue sur des personnes saines,
- les phases 2, 3 et 4 s'effectuent sur des malades.
N.B. :
- un essai clinique ne peut être mené qu'à l'issue
de l'examen du dossier complet de pharmacologie expérimental
pré-clinique du médicament comportant des études
de pharmacologie générale et spéciale, toxicologiques,
pharmacocinétiques, menées sur plusieurs espèces
animales, et une fois la mise au point de la forme galénique
réalisée.
Remarque :
- les phases 1, 2 et 3 sont conduites avant la commercialisation
des médicaments, la phase 4 après.
- Les phases 1 et 2 sont des essais non comparatifs, la phase 3 est
un essai comparatif.
1. Essais de phase 1
- Au cours de la phase 1, la substance étudiée est administrée
pour la première fois chez une personne. On administre des doses
progressivement croissantes, afin :
- de déterminer la dose maximale de la substance qui n'engendre
pas d'effets secondaires. Les effets secondaires quand ils surviennent
sont précisément décrits mais ils n'entraî-nent
pas systématiquement le rejet de la dose correspondante ni
du médicament ;
- de retrouver les effets bénéfiques apparus chez
l'animal, bien que cette transposition n'existe pas toujours ;
- d'effectuer une pharmacocinétique initiale.
- Les personnes concernées par la phase 1 sont des volontaires
sains, dont on a obtenu le consentement libre et éclairé.
Les femmes en âge de procréer et les enfants sont exclus.
- Les essais se déroulent en milieu hospitalier.
- La première dose choisie est souvent le dixième de la
dose active chez l'animal puis les doses ultérieures sont multipliées
par 1,5. Au cours de cette phase, on étudie les effets de la
substance étudiée, leur durée et la pharmacocinétique
à partir de prélèvement sanguin...
N.B. :
- les essais de phase 1 sont des essais ouverts (l'expérimentateur
et le volontaire connaissent la substance),
- ce sont des essais non contrôlés, c'est-à-dire
que l'on ne travaille pas par rapport à des groupes témoins
non traités,
- ils se font sur des volontaires sains.
2. Essais de phase 2
- La substance est administrée à des malades, afin de
détecter un effet thérapeutique éventuel chez les
malades, évaluer la posologie optimale, déduire des indications
possibles, détecter des effets secondaires et quantifier la durée
de l'effet.
- Les malades sont hospitalisés. Seuls les hommes peuvent être
inclus. Ces malades sont choisis parce qu'ils présentent un symptôme
bien défini, ce qui permet d'obtenir une homogénéité
du groupe la plus grande possible.
- Il s'agit d'un essai en ouvert.
- Sa durée est de trois mois environ.
- Le nombre de malades est à définir en fonction du protocole.
- On recherche l'effet thérapeutique rencontré chez le
volontaire sain pour une indication précise et on définit
les effets secondaires chez le malade en recherchant s'ils sont ou non
dose dépendant.
3. Les essais de phase 3
- Ils ont pour but de confirmer les résultats obtenus lors de
la phase 2 dans une grande population de malades.
- L'efficacité de la substance est étudiée par
comparaison avec un placebo ou avec une substance de référence
dans la classe thérapeutique si elle existe. On évalue
l'efficacité de la substance par comparaison avec la référence
impérativement lorsque l'administration d'un placebo pose un
problème éthique.
- C'est un essai " contrôlé " parce qu'il implique
un groupe comparatif.
- On détermine les paramètres pharmacocinétiques
chez le malade et on comparera les résultats obtenus par rapport
au volontaire sain pour en déduire les conséquences sur
les règles de prescription en fonction du contexte physiopathologique.
- On recherche les effets secondaires chez un large groupe de patients.
- Les résultats obtenus sont analysés par une étude
statistique.
Remarque :
- ces essais s'effectuant sur un nombre important de malades, plusieurs
centres sont souvent nécessaires. On parle d'essais coopératifs
ou multicentriques,
- ces essais durent de un à trois ans,
- les sujets sont répartis en plusieurs groupes de traitement
qui doivent être le plus comparable possible. On procède
à un choix par tirage au sort (randomisation, seul procédé
apte à fournir des groupes comparables).
Types de protocole
- protocole between-subjects :
- on étudie trois groupes de sujets recevant le placebo ou
la substance de référence et la nouvelle substance.
A l'issue de l'étude, on compare les résultats obtenus
dans ces trois groupes.
- within-subjects ou cross-over :
- les mêmes sujets recevront successivement les trois traitements.
Le nombre de sujets est la factorielle ou un multiple du nombre
de traitements (si 3 traitements, 6 sujets ; si 4 traitements,
24 sujets...). L'ordre de l'administration des traitements se fait
par tirage au sort sur la base d'un carré Latin, afin d'éviter
d'impliquer un effet à l'ordre d'administration des traitements.
Entre chaque traitement, on respecte une période de wash-out
dépendant de la demi-vie de la substance ;
- cet essai se déroule " à l'aveugle " :
on distingue le simple aveugle où le malade ignore le médicament
qu'il a reçu, mais le médecin connaît le médicament
et le double aveugle où l'effet est jugé par
le malade ou le médecin, mais ni l'un ni l'autre ne sait
ce qu'il a reçu ou donné. Dans ce cas, on supprime
la part subjective du jugement.
N.B. :
- cette technique nécessite de rendre indiscernable le placebo
et la substance à étudier. Lorsque la substance de
référence et la substance à étudier
ne peuvent pas être indiscernables, on fabrique un placebo
pour chacune des substances (double placebo ou double dummy) ;
- règles de sécurité : En cas d'incidents,
il peut être indispensable de connaître en urgence la
nature de la substance reçue par le malade au cours de l'essai
en double aveugle. Cette information est contenue dans un document
" le code " qui ne doit être consulté qu'en
cas de besoin.
- les essais de phase 2a sont des essais contrôlés
réalisés en double aveugle et le plus souvent en chassé-croisé.
Exemple : étude d'un essai diurétique par mesure
de la diurèse ;
- une fois terminés les essais de phase 1, 2 et 3, le dossier
du médicament est déposé devant la Commission
d'Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) au Ministère
de la Santé. Le dossier peut être rejeté, insuffisant
et nécessitant des compléments, suffisant et permettant
d'obtenir l'AMM. Après l'AMM, le laboratoire pharmaceutique
demande le remboursement par la sécurité sociale à
la commission de transparence. Le prix du médicament sera
fixé en fonction de celui des médicaments déjà
existants et des degrés d'efficacité et d'originalité
de la nouvelle molécule. A ce stade, peut intervenir la commercialisation
du nouveau médicament.
4. Essais de phase 4
- Ces essais font suite à la commercialisation du médicament
et s'étendent sur cinq à dix ans. C'est la phase de pharmacovigilance.
- Tous les cas d'effets secondaires sont transmis au fabricant et au
centre régional puis national de pharmacovigilance afin de mener
des enquêtes d'imputabilité. Certains médicaments
pourront être retirés du marché et d'autres verront
leur utilisation strictement réglementée et des précautions
d'utilisation énoncées. De nouvelles indications peuvent
apparaître pour certains médicaments après leur
commercialisation.
N.B. :
- les essais qui évaluent de nouvelles indications, de nouveaux
dosages, de nouveaux modes d'administration, de nouvelles associations
doivent être considérés non pas comme des essais
de phase IV mais comme des essais de nouveaux médicaments.
5. Principes fondamentaux régissant un
essai thérapeutique
a) Nécessité d'une comparaison
- le premier principe d'évaluation d'un traitement repose sur
la nécessité d'une compa-raison entre un groupe recevant
le traitement à étudier et un groupe ne le recevant
pas, dit "groupe témoin",
- c'est par l'étude des résultats obtenus dans les 2
groupes et leur comparaison par des tests statistiques appropriés
que l'on va mettre ou ne pas mettre en évidence une différence
statistiquement significative entre les traitements.
b) Nécessité d'un tirage au
sort : " randomisation "
- le seul moyen d'assurer la comparabilité initiale des 2 groupes,
nécessaire pour pouvoir porter un jugement de causalité,
est d'attribuer les traitements par tirage au sort, donc de réaliser
une randomisation.
c) Nécessité d'un essai à
l'aveugle
- il faut que l'administration des traitements et l'évaluation
du critère de jugement soient faites de façon identique
dans les 2 groupes tout au long de l'essai,
- seule l'administration en double aveugle, le malade et le médecin
ignorant la nature du traitement administré, garantit le maintien
de la comparabilité en cours d'essai et une égalité
de l'appréciation du critère de jugement.
d) La différence entre les 2 traitements
est-elle significative ?
- lorsque la méthodologie employée pour l'organisation
de l'essai a été rigoureuse, on peut comparer les pourcentages
de succès ou d'échec obtenus avec chacun des traitements,
- pour effectuer cette comparaison on réalise des tests statistiques.
e) Notion de risque de première et
de deuxième espèce
- risque a, ou de première espèce
(ou risque d'erreur) :
- c'est le risque de déclarer efficace un médicament
qui en fait ne l'est pas,
- ce risque d'erreur est arbitrairement fixé : a
= 5 %.
- risque b, ou risque de deuxième
espèce, ou défaut de puissance :
- c'est le risque de déclarer inactif un médicament
qui est en réalité actif,
- il est dû au défaut de puissance ou manque de puissance
du test à mettre en évidence une différence
significative,
- la puissance du test statistique est définie par la quantité
(1 - b). C'est la capacité du
test statistique à mettre en évidence une différence
donnée entre les 2 traitements lorsqu'elle existe vraiment.
6. Le protocole
a) Définition
- c'est le document écrit qui définit en détail
le but de l'essai, sa méthodologie, les sujets à inclure,
les traitements à appliquer, le ou les critères d'évaluation
du traitement, le type d'analyse prévue, l'organisation pratique
et la conduite à tenir en cas de situation imprévue,
- il est rédigé par le promoteur en collaboration avec
les investigateurs et des méthodologistes.
b) But de l'essai
- le protocole définit avec soin l'objectif de l'étude
en précisant pour les traitements comparés s'il s'agit
de démontrer l'efficacité d'un nouveau produit ou de
comparer l'efficacité de 2 traitements déjà connus.
c) Méthodologie
- le protocole précise le nombre de groupes comparés,
si l'essai est bien randomisé en double aveugle, s’il est multicentrique
ou non,
- dans certains cas, on réalise un essai où le sujet
est son propre témoin : il reçoit soit simultanément
les 2 traitements à comparer, soit successivement dans un ordre
tiré au sort : on parle alors d'essai croisé, ou en
cross-over,
- cette méthode permet d'obtenir un gain de puissance du test
statistique, pour le même nombre de patient inclus.
d) Définition des sujets éligibles
- généralités :
- c'est la définition précise de la population sur
laquelle va porter l'essai,
- on élimine ainsi lors de la phase de pré-inclusion
tous les sujets ne correspondant pas aux caractéristiques
prédéterminées.
- critères d'inclusion :
- il faut préciser en détail les formes cliniques
de la maladie qui seront étudiées,
- il faut définir les caractéristiques (âges,
sexe, ethnie...) des sujets qui vont être inclus.
- critères de non inclusion :
- liés à la maladie : préciser les formes
cliniques de la maladie à ne pas inclure,
- liés au malade : préciser les caractéristiques
des sujets à ne pas inclure (âge, sexe...),
- liés aux traitements antérieurs ayant pu être
administrés au patient.
- exclusion / inclusion :
- au terme d'une anamnèse détaillée, au besoin
complétée d'examens complémentaires appropriés,
les sujets éligibles sont inclus dans l'étude et
randomisés dans chacun des groupes constitués.
e) Les traitements
- traitements étudiés :
- la composition, le conditionnement, le mode d'administration
du ou des traitement(s) sont clairement définis.
- traitements associés :
- on précise de manière détaillée
les traitements autorisés ou non par une liste exhaustive.
f) Tirage au sort = randomisation
- date :
- on décide en principe de tirer au sort (de randomiser)
le patient dans l'un des groupes le plus tard possible juste avant
l'administration des traitements à comparer.
- modalités du tirage au sort :
- il faut préciser les modalités de sa réalisation
pratique (informatisé, enveloppes cachetées...),
si les groupes constitués sont stratifiés, c'est
à dire répartis de manière homogène
en fonction d'un ou plusieurs caractères précis
(âge, sexe, poids...), si les groupes sont constitués
à l'aveugle, si les groupes sont équilibrés
(même nombre de patients) ou non.
g) Critères d'évaluation : efficacité
et tolérance
- l'idéal est de définir un seul critère d'efficacité,
qui permet de répondre de manière définitive
à la question posée,
- cela est parfois difficile et l'on définit un critère
principal et un ou plusieurs critères secondaires,
- la description précise de la méthodologie de mesure
du ou des critères retenus ainsi que le moment de mesure doivent
être clairement décrits,
- on définit de même un ou plusieurs critères
de tolérance du traitement administré.
h) Nombre de sujets nécessaires
- le calcul du nombre minimum de sujets à inclure dans l'essai
doit figurer dans le protocole ainsi que les différents paramètres
et références qui ont servi à son estimation,
- ce nombre est proportionnel à la variance (ou variabilité)
de la mesure (due à l'appareil de mesure, due au patient, due
à l'observateur...) et inversement proportionnel à la
différence minimum que l'on veut mettre en évidence
entre les 2 traitements, ainsi qu'aux risques a
et b consentis,
- ainsi il faudra d'autant plus de sujets que la variabilité
de la mesure est grande, que la différence à mettre
en évidence est faible, que les risques a
et b consentis sont faibles ou que la puissance
recherchée est importante.
i) Analyse de l'essai
- le type d'analyse utilisée, la méthodologie statistique,
les différents logiciels informatiques utilisés seront
décrits de manière détaillée dans le protocole,
- il faut préciser si l'analyse sera unique et réalisée
à la fin de l'essai, ou si une ou plusieurs analyses intermédiaires
seront réalisées en cours d'essai,
- en cas d'analyse intermédiaire, le risque d'erreur global
de l'étude augmente avec le nombre de tests effectués
et de même la puissance globale diminue. Il faut alors augmenter
le nombre de sujets inclus pour avoir les mêmes degrés
de signification et la même puissance.
j) Organisation pratique
- le protocole décrit le déroulement précis de
l'essai, la liste des responsables, des investigateurs, les dates
de début et de fin d'essai, la date envisagée pour l'analyse,
éventuellement le budget investi,
- le recueil des données se fait sur un cahier questionnaire
élaboré par le promoteur, en collaboration avec les
investigateurs et des méthodologistes. Ce cahier figure en
annexe du protocole. Il sera rempli par le(s) investigateur(s). Chaque
patient inclus reçoit un cahier questionnaire.
k) Assurance
- le numéro du contrat de la police d'assurance et les garanties
souscrites figurent dans le texte du protocole.
ANALYSE DE L'ESSAI
- Une fois le recueil des données achevé (le plus souvent
en fin d'étude, parfois en cours d'étude en cas d'analyse
intermédiaire), une analyse des résultats est réalisée.
1. Description des sujets inclus
- Description des caractéristiques générales (âge,
sexe, poids, ethnie...) des sujets inclus, permettant de savoir si la
population effectivement recrutée correspond ou non à
celle que l'on désirait inclure, ce qui permettra l'interprétation
et éventuellement l'extrapolation des résultats à
la population que l'on veut traiter.
- Vérification de la comparabilité des groupes entre eux,
nécessaire à la validité des résultats obtenus
et de la conclusion fournie.
2. Description des écarts au protocole
- Il faut décrire précisément tous les écarts
au protocole qui ont été commis (critères d'inclusion,
traitements associés, données manquantes...) mais il est
indispensable d'effectuer l'analyse sur l'ensemble des sujets inclus.
En effet, exclure certains patients pour écart au protocole créera
un biais dans l'analyse qui remettra en cause la comparabilité
des groupes et la validité des conclusions.
- Pour ce qui est des sujets perdus de vue au cours de la réalisation
de l'essai, plusieurs attitudes sont possibles : considérer que
c'est un échec de traitement, les exclure de l'essai (mais le
test perd alors de la puissance), considérer un niveau moyen
de réponse positive ou négative. De toutes façons,
plus le nombre de perdus de vue augmente, plus la puissance diminue
et l'on doit remettre en cause le fondement de l'étude et la
validité du protocole.
3. Analyse proprement dite
- Les données recueillies sont analysées par des statisticiens
à l'aide le plus souvent de logiciels informatiques.
- La comparaison porte sur le critère principal défini
dans le protocole (et sur le ou les critères secondaires).
- Il faut préciser s’il y a eu des analyses intermédiaires
et quels sont leurs résultats.
- En cas d'analyse intermédiaire, le risque d'erreur global de
l'étude augmente avec le nombre de tests effectués et
de même la puissance globale diminue. Il faut alors augmenter
le nombre de sujets inclus pour avoir les mêmes degrés
de signification et la même puissance.
- Si la différence entre les 2 traitements est significative,
il faut préciser le degré de signification, il faut rechercher
si cette différence n'est due qu'au traitement ou s’il existe
un biais dans la réalisation de l'étude.
- S’il n'existe pas de différence, cela ne signifie pas que les
traitements sont équivalents : la puissance du test utilisé
n'a pas permis de mettre en évidence une différence statistiquement
significative. Il faut donc bien préciser la puissance du test
utilisé et éventuellement augmenter le nombre de sujets
inclus dans une future étude pour mettre en évidence une
différence significative (si elle existe).
- Il faut décrire précisément les effets indésirables
observés.
4. Publication des résultats
- L'ensemble des données recueillies, le protocole suivi, les
résultats obtenus et les conclusions doivent être rassemblés
dans le rapport final d'étude.
- Un ou plusieurs articles décrivant le protocole, les résultats,
les conclusions et la discussion de l'apport scientifique de l'étude
peuvent être publiés dans la presse médicale nationale
ou internationale.
5. Dossier d'AMM
- L'ensemble des documents concernant la nouvelle molécule, c'est
à dire les différents résultats des études
pré-cliniques, tous les rapports d'étude clinique de phase
I à III, constitueront le volumineux dossier remis à la
commission d'autorisation de mise sur le marché du médicament,
aboutissant en cas d'avis positif à la commercialisation du nouveau
produit.
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