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BRULURES
- La brûlure est une lésion du revêtement cutané
produite par l'action de la chaleur, de l'électricité,
des rayonnements ou des produits chimiques.
ETIOLOGIE
- Le nombre de brûlé en FRANCE est estimé environ
à 400 000 par an.
- 2 500 brûlés graves sont hospitalisés dans des
Centres de soins spécialisés. On relève plus de
1 000 décès par an.
- Des études statistiques montrent la prévalence :
- des accidents domestiques (60 %),
- puis, des accidents du travail (24 %),
- des tentatives de suicide (7 %),
- des accidents de la circulation (3 %),
- autres (6 %).
- Les brûlures par flamme sont les plus fréquentes chez
l'adulte, les ébouillantements sont plus chez l'enfant.
- Sur 1 500 décès par accident chez des enfants de moins
de 15 ans, 20 % sont dus à des brûlures, le plus souvent
en rapport avec un accident domestique.
PHYSIOPATHOLOGIE - DIAGNOSTIC
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- Membre supérieur = 9 %
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2 |
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- Face antérieure membre inférieur = 9 %
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2 |
| - Face postérieure membre inférieur =
9 % |
2 |
| - Face antérieure Tronc = 2 x 9 % |
2 |
| - Face postérieure Tronc = 2 x 9 % |
2 |
| - Tête = 9 % |
1 |
| - Organes génitaux externes = 1 % |
- |
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11 |
| Soit : 11 x 9 % = 99 % + 1 % = 100 % |
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- Cette classification est la plus utilisée car simple et pratique
en urgence. Cependant, elle a tendance à surévaluer la
surface brûlée.
- Chez l'enfant les surfaces sont identiques sauf pour la tête
qui doit être sur-côtée (de 9 % à la naissance,
soit 18 % au total) et les membres inférieurs qui doivent être
sous-côtés (de 4,5 % par côté).
- Pour mieux apprécier les petites surfaces, il est utile de
se souvenir que la paume de la main et des doigts représente
1 % de la surface corporelle (Palm Méthod des anglo-saxons).
2. Evaluation de la profondeur des zones brûlées
- On distingue trois degrés.
a) Premier degré
- histologiquement les lésions touchent l'épiderme parfois
jusqu'à la membrane basale EXCLUE,
- cliniquement elle se manifeste par un érythème douloureux
non phlycténulaire, qui guérit en quelques jours, sans
cicatrice car la membrane basale n'est pas atteinte, avec parfois
une desquamation. (Lors du bilan d'un grand brûlé, la
surface brûlée au premier degré est négligeable
sur les plans pronostiques et thérapeutiques).
b) Deuxième degré
- les lésions touchent l'épiderme et une partie plus
ou moins importante du derme, on distingue ainsi des brûlures
:
- deuxième degré superficiel :
- histologiquement il existe une séparation de l'épiderme
et du derme avec accumulation d'exsudats réalisant des
PHLYCTENES. Le derme sous-jacent est congestif. Une partie de
la couche basale de MALPIGHI reste intacte,
- cliniquement il existe une très vive douleur. L'évolution
est favorable avec épidermisation en 10 à 15 jours,
à partir de la couche basale.
- histologiquement les lésions atteignent le derme profond,
ne laissant intacte que quelques enclaves épidermiques
satellites des annexes (poils et glandes sudoripares),
- cliniquement il peut subsister des phlyctènes, mais en
général, la zone brûlée est lisse blanche
ou rouge foncé, avec une sensibilité diminuée,
- la cicatrisation peut se faire spontanément, à
partir des enclaves épidermiques non lésées,
en plusieurs semaines en laissant des cicatrices d'autant plus
importantes que l'évolution a été longue.
c) Troisième degré
- histologiquement il existe une nécrose de l'épiderme
du derme et d'une partie du tissu sous-cutané. Les terminaisons
nerveuses et les capillaires sous dermiques sont détruits,
- cliniquement les lésions sont insensibles avec une couleur
qui va du blanc au noir cartonnée en passant par le marron,
- aucune cicatrisation spontanée n'est possible.
- En fait, il est souvent difficile de distinguer ces stades, surtout
entre deuxième degré profond et troisième degré,
d'autant que parfois, il existe conjointement des zones brûlées
superficiellement et profondément réalisant des brûlures
dites en mosaïque.
3. Pronostic
- Le pronostic vital est fonction de l'étendue des lésions,
de la profondeur des brûlures mais aussi de l'âge.
- la règle de BAUX énonce si la somme de l'âge
et du pourcentage de la surface brûlée est inférieure
à 50, les chances de survie sont de 100 %. Si cette somme
est supérieure à 100, les chances de survie sont inférieures
à 10 %,
- il existe une autre classification pronostique qui tient compte
de la SURFACE et de la PROFONDEUR : c'est la cotation UBS (Unit Burn
Standard) :
- UBS = % surface brûlée + [
3 x (% surface brûlée au 3ème degré)]
,
- si UBS > 100, le pronostic vital est en jeu (UBS max = 100
+ 3 x 100 = 400).
- Le terrain aggrave le pronostic en fonction des tares et ou des lésions
traumatiques associées.
- La localisation intervient sur le pronostic vital surtout pour les
brûlures périnéales à cause du risque infectieux,
et faciales à cause des complications associées (oedème
pharyngo-laryngé, brûlures pulmonaires...).
- Certaines localisations mettent en jeu le pronostic fonctionnel (brides
rétractiles au niveau des plis de flexion, ectropion, microstomie...).
CONDUITE A TENIR EN SITUATION D'URGENCE
- Préciser l'heure, le mécanisme de la brûlure,
l'âge, le poids et les antécédents du brûlé.
- Recherche des éléments gravité :
- choc hypovolémique,
- brûlure des voies aériennes supérieures (explosion
en espace clos), pouvant nécessiter une intubation en urgence,
- traumatisme associé (brûlé défenestré).
- Faire le bilan de la brûlure :
- surface,
- profondeur,
- siège,
et l'orienter d'emblée dans un centre hospitalier approprié.
- Mettre une voie veineuse de gros calibre, avec la plus grande asepsie,
si possible en zone saine. (Pas de voie orale en raison de l'iléus
digestif qui suit la brûlure).
- On perfuse en urgence des macromolécules et des solutés
(sérum glucosé et sérum salé).
- La quantité de solutés à perfuser répond
à certaines règles :
- Règle EVANS :
quantité à perfuser pendant 24 premières heures
= ration de base quotidienne + 2 ml par % de surface brûlée
et par kg de poids du sujet.
- Règle de BOEKX :
perfusion pendant la première heure = 0,5 ml / % surface
brûlée / kg.
- Il faut bien entendu adapter ce remplissage en fonction du poids de
la tension et surtout de la diurèse HORAIRE qui doit être
de 35 ml/H chez l'adulte et de 1 ml/kg/H chez l'enfant (BOEKX).
- Calmer la douleur avec des antalgiques majeurs souvent morphiniques
et des anxiolytiques.
- Mise en place d'une sonde urinaire en fonction du contexte (systématique
en cas de brûlure des organes génitaux externes) avec toutes
les précautions d'asepsie d'usage.
- Prévention antitétanique.
- Surveillance minutée dans les premières heures.
- Un geste chirurgical en urgence possible concerne d'éventuelles
aponévrotomies de décharge en cas d'ischémie distale
d'un membre (surtout en cas de brûlures circulaires).
FICHE THERAPEUTIQUE
- Prise en charge extra-hospitalière d'un brûlé
grave.
- Arrêter la brûlure :
- extinction des flammes,
- déshabiller le malade,
- arroser les zones brûlées avec de l'eau à
15° à 15 cm des lésions pendant 15 minutes.
- Assurer la liberté des voies aériennes supérieures.
- Immobilisation du blessé.
- Réchauffement.
- Pansement sec (en effet tous les produits colorants vont gêner
secondairement l'évaluation de la brûlure en centre spécialisé).
- Voie veineuse.
- Début de la réanimation hydro électrolytique.
- Antalgiques majeurs.
- Surveillance.
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